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"Lauréats Prix 1ère Communication 2013"


   

« Prix 1ère communication du CPNLF », le premier a été attribué a :

Dr Julie Clarke
CMME Centre Hospitalier Ste Anne, Inserm U894-1, 1 rue Cabanis 75014 Paris

L’anorexie mentale et l’image de maigreur : distorsion perceptive ou dysrégulation émotionnelle ?
L’anorexie mentale est une pathologie complexe et multifactorielle. Il a été proposé qu’une anomalie du circuit de la récompense puisse être à l’origine du refus alimentaire persistant chez les patientes. Les spécificités de la composante émotionnelle et de la récompense chez les patientes en lien avec l’image corporelle demeurent insuffisamment étudiées. Dans cette étude nous évaluons les caractéristiques de la réponse émotionnelle – cognitive et physiologique – de patientes comparées à des sujets contrôles, en présence de stimuli spécifiques au trouble : images de maigreur.

Nous avons inclus 51 patientes souffrant d’anorexie mentale et 20 sujets contrôles. Les participantes ont été exposées à des images représentant des silhouettes de femme (Indice de Masse Corporelle de 12 à 30 kg/m.). La réponse émotionnelle a été caractérisée par une évaluation (tâche d’évaluation du poids et du ressenti) et le recueil de mesures électrophysiologiques (réponse électrodermale et fréquence cardiaque).

L’analyse des résultats a montré chez les patientes comparées aux sujets contrôles (1) une absence de différence de capacité à évaluer le poids (absence de distorsion perceptive), avec (2) un ressenti énoncé comme plus plaisant spécifiquement face à la maigreur, mais (3) plus difficile à livrer puisque le temps de latence est plus long, avec une (4) fréquence de réponse électrodermale plus élevée chez les patientes devant la maigreur (sans tiers-facteur évident), encore plus évident chez les patientes amaigries, mais (5) associée à une amplitude de réponse moins élevée chez les patientes face à la maigreur.

Dans cette étude les patientes présentaient des spécificités de régulation émotionnelle devant l’image de maigreur sans trouble de la perception, étayant l’hypothèse d’un effetrenforçant de la maigreur dans l’anorexie mentale. Les perturbations de traitement de l’information émotionnelle en lien avec l’image de maigreur pourraient favoriser les stratégies comportementales de maintien d’un poids inférieur à la normale chez les patientes.

Mots clés : anorexie mentale ; image de maigreur ; effet récompense ; réponse électrodermale

« Prix 1ére communication du CPNLF», le second a été attribué a :

Dr Manuel Orsat
CHU d’Angers - 49933 Angers Cedex 9

Les Soins Psychiatriques en cas de Péril Imminent : quelques réflexions à partir de l’analyse de la pratique angevine
 
Introduction : La loi du 5 juillet 2011 a remanié les soins psychiatriques sans consentement et créé les Soins Psychiatriques en cas de Péril Imminent. Cette modalité s’assortit de moins de garanties pour le citoyen à l’initiation (pas de demande de tiers, un seul certificat médical). A partir d’une étude comparant la durée de la mesure de soins de patients hospitalisés en Péril Imminent et en Soins à la Demande d’un Tiers, nous proposons quelques réflexions sur les Soins Psychiatriques en cas de Péril Imminent. Matériel et méthodes : Tous les patients admis en Soins à la Demande du Directeur de l’Etablissement via le CHU d’Angers sur une période de trois mois ont été inclus. Le critère de jugement principal était la durée de la mesure de soins sans consentement ; il était évalué à 60 jours de l’inclusion.

Résultats : Cent trois patients ont été analysés : 39 (37,9%) en Péril Imminent et 64 (62,1%) en Soins à la Demande d’un Tiers. Après 60 jours, 91,3% des mesures avaient été levées; la durée moyenne des soins était plus faible pour le premier groupe (9,4 jours) que pour le deuxième (14 jours) (p=0,05). Discussion : Les Soins en Péril Imminent garantissent un meilleur accès à l’hospitalisation pour les patients isolés. Leur durée semble courte ; un contrôle précoce du juge, à 72 heures par exemple, pourrait s’envisager. L’analyse de cette pratique de soins doit conduire à une réflexion sur le recours aux soins psychiatriques sans consentement en urgence. Conclusion : Les Soins en Péril Imminent sont de courte durée, ce qui doit être confirmé et amener à réfléchir sur cette nouvelle mesure.

Mots clés : Soins Psychiatriques en cas de Péril Imminent, privation de liberté, Soins psychiatriques à la Demande d’un Tiers, loi du 5 juillet 2011, Juge des Libertés et de la Détention.

« Prix 1ére communication du CPNLF», le troisième a été attribué a :

Dr France Hirot
Service Psychiatrie Adulte, Hôpital Fontan, CHRU de Lille 6 rue du Pr Laguesse 59000 Lille

Difficultés de reconnaissance de soi dans l’anorexie mentale
 
Objectif: La perte de poids massive et les troubles de l’image corporelle sont des symptômes clés de l’anorexie mentale. Le but de cette étude était d’étudier l’influence de ces facteurs dans le processus de reconnaissance de son propre visage.

Matériel et méthode: Quinze participantes anorexiques et quinze contrôles ont effectué une tâche de reconnaissance de soi. Les participantes ont visionné des morphoses numériques entre leur visage et un visage inconnu de même sexe présentées dans un ordre aléatoire. Les sujets avaient pour consigne d’appuyer sur un bouton si l’image ressemblait à leur visage, et sur un autre si elle leur était inconnue. Les défauts de reconnaissance de son propre visage, la flexibilité mentale, les préoccupations corporelles et les comportements alimentaires des participantes ont été évalués respectivement grâce au Self-Face Recognition Questionnaire (SFRQ), au Trail Making Test (TMT), au Body Shape Questionnaire (BSQ) et à l’Eating Disorder Inventory-2 (EDI-2).

Résultats: Les patientes anorexiques ont significativement plus de difficultés que les contrôles à identifier leur propre visage (p=0,028). Il n’a pas été trouvé de différence significative entre les deux groupes pour le TMT (p>0,1, non significatif). Une analyse de corrélation a révélé une corrélation négative significative avec l’IMC (p<0,001), et la sous-échelle « reconnaissance de son propre visage » du SFRQ (p = 0.015). Les analyses n’ont, par ailleurs, pas montré de corrélation significative entre les données comportementales et les résultats de l’EDI-2 ou du BSQ (tous les p > 0.1, non significatifs).

Discussion: Nos résultats suggèrent que la perte de poids massive et rapide peut participer à la diminution observée de la capacité à reconnaitre son propre visage. Un défaut d’actualisation du système nerveux central pourrait expliquer la distorsion de l’image de soi des patientes souffrant d’anorexie mentale.

Mots clés : Troubles du comportement alimentaire, reconnaissance de soi, visage, conscience de soi

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