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"Lauréats Prix Poster 2013"


Prix du meilleur poster »,  le premier a été attribué a:

Dr Myrtille André
Centre Hospitalier de Thuir service de psychiatrie 66301Thuir

Autour de la rencontre avec le juge des libertés : clinique et représentations

L’intervention systématique du juge des libertés et de la détention (JLD) introduite par la loi du cinq juillet 2011au terme des 15 jours suivant le début de l’hospitalisation a profondément modifié les rapports sociaux à l’oeuvre autour de la mise en oeuvre et de l’organisation des soins sans consentement en France .Nous souhaitons ici étudier de plus près ces modifications.

L’objectif de notre étude est double : le premier est une mesure de l’impact clinique et du vécu subjectif de la rencontre avec le juge des libertés et de la détention dans un échantillon de patients schizophrènes hospitalisés sans consentement. Le deuxième est une enquête auprès de soignants prenant en charge ces patients, à l’écoute des représentations associées à cette rencontre. Méthodologie :chaque patient a été évalué à l’aide de trois échelles dans les 72h avant et après la rencontre avec le juge des libertés et de la détention. Il s’agit de l’échelle d’Hamilton-anxiété, de la PANSS et de l’échelle d’insight de Beck. Le vécu subjectif du patient à l’annonce de la rencontre avec le juge et lors des notifications administratives a été recueilli. Les soignants ont eux été interrogés sur ce qu’ils supposaient que la rencontre avec le JLD allait modifier chez les patients.

Résultats : dans le groupe de patients, il n’a pas été constaté de modifications significatives de l’anxiété et des symptômes psychotiques, mais on note que l’insight est souvent amélioré après la rencontre avec le juge. Les soignants expriment des craintes sur le risque d’une aggravation des symptômes psychotiques, de l’anxiété, d’une confusion entre les soins et la justice.

Conclusion : il existe un contraste entre les donnés cliniques mesurées et les représentations des soignants à propos duquel nous formulerons quelques hypothèses.
     

Prix du meilleur poster »,  le second a été attribué a:

Dr Xénia Proudnikova

Centre Hospitalier, service de psychiatrie, 68250 Rouffach

Alexithymie et déficit de transfert interhémisphérique

L’alexithymie, caractérisée par une difficulté à décrire ses émotions et celles d’autrui, s’observe dans des divers troubles psychiatriques et aussi chez un sujet sain.

L’existence d’alexithymie chez des sujets avec un syndrome de dysconnexion calleuse suggère qu’un déficit du transfert interhémisphérique peut contribuer à ce trouble. Compte tenu du rôle de l’hémisphère gauche dans les processus analytiques et verbaux, et celui de l’hémisphère droit dans l’expression émotionnelle non verbale, on peut s’attendre à ce qu’une altération des échanges interhémisphériques réduise les capacités à décrire les émotions. Ce déficit peut être exploré par un test de discrimination tactile digitale dans lequel un sujet, yeux fermés, doit indiquer avec son pouce les doigts touchés par l’examinateur, soit sur la main stimulée, soit sur l’autre main. Dans une étude [1] utilisant cette procédure, les sujets alexithymiques avaient un déficit du transfert interhémisphérique par rapport aux contrôles avec un test nécessitant environ 35 mn de passation. Nous avons voulu vérifier si un protocole similaire, avec un temps de passation de 9 mn, pouvait confirmer ces résultats.

L’étude a été réalisée sur 39 sujets (20 hommes et 19 femmes), âgés de 25 à 59 ans, non alexithymiques (les scores d’alexithymie à la TAS-20 < 51). Une corrélation positive entre l’importance du déficit interhémisphérique et le score d’alexithymie a été retrouvée (test de Pearson r=0.40 p= 0.05).

Dans notre étude les liens entre le déficit de transfert interhémisphérique et l’alexithymie sont analysés sous un angle dimensionnel chez des sujets sains sans alexithymie pathologique. Ceci a été montré avec un temps de passation raccourci et donc plus adapté à la pratique clinique courante, ce qui permettra de faciliter des études sur ce sujet.

[1] Parker J, Keightley M, Smith C, Taylor G. Interhemispheric transfer deficit in alexithymia: an experimental study. Psychosom Med. 1999;61:464-8.

Prix du meilleur poster »,  le troisième a été attribué a:

Dr Julie Clauss
Etablissement Public de Santé Alsace Nord ( EPSAN) à Brumath

« Savoir, vous avez dit savoir ? ». Esquisse d’une réflexion sur la notion de savoir médical autour de l’analyse de l’hystérie de Charcot à la fin du XIXe siècle par Michel Foucault

Cette communication a pour objet d’esquisser une réflexion autour des savoirs médicaux dans le domaine de la psychiatrie, en s’attardant sur un épisode de la psychiatrie française, celui de l’hystérie de Charcot au XIXe siècle à la Salpêtrière et à son analyse par le philosophe Michel Foucault.   L’interne en psychiatrie qui reçoit un enseignement au cours de sa formation, c’est-à-dire la transmission de savoirs, peut très vite être interloqué par la multiplicité et l’hétérogénéité des savoirs qui peuvent apparaître contradictoires. Ainsi émerge le questionnement suivant : qu’est ce qui fonde un savoir médical ? On s’interroge notamment sur le fait qu’il pourrait avoir des ressorts d’ordre sociologique en plus de ressorts qui nous paraissent évidents à l’ère de la biomédecine : les résultats de la recherche sur les mécanismes physiopathologiques  et bien entendu, la pratique clinique. Nous avons appliqué ce questionnement au savoir médical concernant l’hystérie mis au point par le médecin  Jean-Martin Charcot au XIXe siècle à l’asile de la Salpêtrière à Paris. En effet, ce savoir médical est vite remis en question après la mort de Charcot y compris par ses disciples. Pour Michel Foucault, la constitution de ce savoir a reposé sur un exercice de pouvoir, sur une lutte de pouvoir  au sein de l’asile entre le médecin et l’hystérique. L’analyse de Michel Foucault, bien qu’elle soit sujette à critiques, teintée de militantisme et à resituer dans un contexte précis, a le mérite d’apporter un autre regard sur la question des savoirs médicaux et invite le médecin  à une prise de distance et à un questionnement par rapport à son savoir et à sa pratique.

     

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